L’app · Coulisses

D’où viennent les aliments du journal de Challenge Us

Quand vous notez « yaourt nature » ou scannez un paquet de céréales, des calories et des macros s’affichent. Elles ne sortent pas d’un chapeau. Voici d’où elles viennent, ce qu’on en fait avant de vous les montrer, et ce qu’on refuse de faire.

Table des matières · 6 parties

Un journal alimentaire ne vaut que ce que valent ses chiffres. Si « 100 g de riz cuit » affiche n’importe quoi, tout le reste suit : l’anneau du jour, la part de chaque repas, les protéines. On a donc choisi nos sources avant d’écrire la première ligne de l’écran, et on s’est donné une règle simple : on structure, on range, on complète, mais on n’invente jamais une valeur.

Les aliments de tous les jours : la table Ciqual

Pour ce qui n’a pas d’étiquette, une pomme, un œuf, du riz, l’app s’appuie sur la table Ciqual de l’Anses, la référence française de composition des aliments. Elle décrit 3 484 aliments, établis à partir d’analyses en laboratoire et de données collectées auprès des fabricants et des filières1.

La version que l’app embarque est celle de 2025, qui remplace celle de 20202. Elle est dans l’app elle-même : la recherche y répond tout de suite, même avec une connexion faible. Quand l’Anses publie une nouvelle version, on la reprend.

Les produits du commerce : Open Food Facts

Un paquet de biscuits, un plat préparé, une boisson : là, c’est le code-barres qui parle. L’app interroge Open Food Facts, une base libre tenue par une association à but non lucratif, où plus de 100 000 bénévoles ont ajouté plus de 4 millions de produits de 150 pays3.

C’est la partie de la base qui grandit le plus vite : un produit qui n’y était pas hier peut y être demain, sans qu’on ait rien à faire. Votre téléphone interroge leur base directement, et votre journal garde les valeurs du produit telles qu’elles étaient au moment où vous l’avez noté.

Les vôtres : « Mes aliments »

Le yaourt de la ferme, la sauce tomate du marché, le pain de votre boulanger : ils ne sont dans aucune base. Vous les créez une fois, avec un nom et les valeurs que vous avez, et ils rejoignent « Mes aliments », prêts à reprendre la fois suivante. Ils ne sont qu’à vous : personne d’autre ne les voit.

Un plat, lui, n’est pas un aliment. La recette que vous faites tous les dimanches se compose de ses aliments, une fois, et revient ensuite d’un appui depuis « Mes plats ».

Ce qu’on fait de ces données

Trois sources qui ne parlent pas la même langue, il faut les ranger avant de vous les montrer.

Les mêmes chiffres partout. De chaque aliment, on garde, pour 100 g, l’énergie et six valeurs : protéines, glucides, lipides, fibres, sucres et sel. Les calories de Ciqual sont calculées comme celles des étiquettes européennes, si bien qu’un aliment de la table et un produit scanné se comparent sans conversion2.

Un trou reste un trou. Quand une valeur manque, dans Ciqual comme dans une fiche d’Open Food Facts, l’app le dit au lieu d’afficher zéro. La documentation de Ciqual le demande d’ailleurs expressément : une teneur inconnue n’est pas une teneur nulle2. Un zéro inventé ferait paraître une journée plus légère qu’elle ne l’est.

Des portions en grammes, toutes sourcées. Ciqual ne donne que des valeurs pour 100 g, et personne ne mange « 100 g d’œuf ». Pour les aliments courants, l’app propose donc des portions (un œuf, une tranche de pain de mie, une tasse de riz cuit), chacune avec son poids en grammes, tiré de l’enquête alimentaire américaine de référence4 ou des repères de Santé publique France5. Un aliment qu’aucune de ces sources ne pèse n’a pas de portion : vous indiquez les grammes vous-même, plutôt qu’un poids deviné.

Ce que vous mangez souvent, devant. Vos favoris et vos derniers aliments s’affichent avant même que vous cherchiez, et les quantités que vous prenez d’habitude reviennent en tête. C’est la base qui s’adapte à vous, pas l’inverse.

Ce qu’on améliore ensuite

Les noms de Ciqual sont ceux d’une table scientifique : on y cherche un blanc d’œuf, on trouve « Oeuf, blanc (blanc d’oeuf), cru », puis la même chose en poudre, puis cuit. C’est exact, mais ce n’est pas comme ça qu’on parle.

Notre prochain chantier est là : des noms de tous les jours, des synonymes, les préparations d’un même aliment rangées ensemble, et des portions à la pièce partout où une source donne le poids. La règle ne change pas : on renomme, on regroupe, on complète, on ne touche jamais à une valeur nutritionnelle, et chaque modification se vérifie contre sa source.

Ce qu’on ne fait pas

On ne calcule pas les calories d’une assiette à partir d’une photo. Une photo ne dit pas combien pèse une portion, et c’est justement là que les estimations décrochent : on l’explique dans pourquoi Challenge Us ne compte pas vos calories à partir d’une photo.

Et aucune base n’est exacte au gramme près. Une pomme n’est pas l’autre, une étiquette donne une valeur moyenne, une fiche peut contenir une faute de frappe. Ce qu’on vous promet, c’est une estimation dont vous savez d’où elle vient. Pour voir le journal écran par écran, c’est dans le journal alimentaire de Challenge Us, en images.

Sources

  1. Anses (2025). La table de composition nutritionnelle Ciqual, et la table en ligne. ↩

  2. Anses (2025). Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual, jeu de données et documentation, entrepôt Recherche Data Gouv. Licence Ouverte / Etalab 2.0. ↩ ↩2 ↩3

  3. Open Food Facts, Découvrir Open Food Facts, chiffres affichés par l’association, consultés le 30 septembre 2026. Base publiée sous licence ODbL. ↩

  4. USDA, Food and Nutrient Database for Dietary Studies 2021-2023, fichier « Portions and Weights ». ↩

  5. Santé publique France, Manger Bouger, repères de consommation (produits laitiers, poissons, viande, charcuterie, petit-déjeuner). ↩

Sources rouvertes et vérifiées une à une. Comment on écrit ce blog

Challenge Us

Le blog de l’app

Le blog de Challenge Us : des études expliquées simplement, et pas un chiffre sans sa source. Chaque référence est rouverte et vérifiée avant publication.