Choisir son défi · Guide

Arrêter de vapoter : ce que disent les premiers essais

La cigarette électronique aide beaucoup de fumeurs à arrêter. Mais on peut aussi vouloir s’en passer, ou n’avoir jamais fumé et s’y être accroché. Sur l’arrêt de la vape, la recherche est jeune : voici ce qu’elle montre, et ce qu’elle ne sait pas encore.

Dans le guide Choisir un défi qui tient : la méthode en six questions
Table des matières · 6 parties

On en parle peu, mais c’est une question qui arrive souvent : « j’ai arrêté la cigarette grâce à la vape, et maintenant je n’arrive plus à arrêter la vape ». Ou bien : « je n’ai jamais fumé, mais je vapote toute la journée ». Les deux situations sont différentes, et la première réponse n’est pas la même.

Une précision avant tout : la recherche sur l’arrêt de la vape a quelques années à peine. Nous disons dans chaque paragraphe à quel point elle est solide, et nous le disons aussi quand elle ne dit rien.

Pourquoi la vape accroche autant

La cigarette électronique donne de la nicotine, et la nicotine rend dépendant. Deux choses rendent certains produits particulièrement accrocheurs.

Les sels de nicotine. La nicotine « base libre » irrite la gorge quand elle est très dosée, ce qui limite ce qu’on en prend. Sous forme de sel, elle passe mieux : dans un essai en double aveugle sur 119 adultes, à concentration égale (autour de 23 mg/mL), la vapeur aux sels était jugée plus agréable, plus douce et moins irritante1. Plus doux ne veut pas dire moins dosé : on inhale plus facilement plus de nicotine. En Europe, la concentration d’un liquide est plafonnée à 20 mg/mL2.

L’usage sans pause. Une cigarette a une fin ; une vape se reprend à chaque instant, au bureau, devant un écran, au lit. Dans un grand essai américain auprès de jeunes de 18 à 24 ans qui voulaient arrêter, 82 % vapotaient dans la demi-heure qui suit le réveil3, un signe classique de dépendance. En France, les vapoteuses jetables (les « puffs ») sont interdites depuis une loi de février 20254.

D’abord : ne pas revenir à la cigarette

Si vous vapotez parce que vous avez arrêté de fumer, votre gain principal est déjà fait. La revue Cochrane, mise à jour en août 2026 sur 80 essais, conclut avec un haut niveau de certitude que la cigarette électronique aide à arrêter de fumer mieux que les substituts nicotiniques5, et le rapport britannique de référence estime qu’elle ne porte qu’une petite fraction des risques du tabac fumé, tout en précisant que cela ne veut pas dire sans risque, surtout pour qui n’a jamais fumé6.

Arrêter la vape est donc une bonne idée, à condition que ce ne soit pas un chemin de retour vers la cigarette. Si c’est votre situation, rien ne presse : parlez-en à votre médecin ou à un tabacologue, qui pourra vous proposer une transition (baisser la concentration, passer à un substitut) plutôt qu’un arrêt brutal qui vous remettrait devant un paquet. Si vous vous remettez à fumer, même un peu, relisez ce qui marche pour arrêter de fumer : une cigarette par jour garde déjà une large part du risque cardiaque.

Ce que montrent les premiers essais

La revue Cochrane consacrée à l’arrêt de la vape (novembre 2025) ne réunit que 15 essais et 5 800 personnes, dont 14 essais aux États-Unis. Elle juge la preuve faible partout7. Voici ce qui en ressort.

  • Les programmes de SMS. Des messages quotidiens d’encouragement et de conseils, pendant quelques semaines. Chez les 18-24 ans, 24 % ne vapotaient plus au bout de sept mois, contre 19 % sans programme3 ; chez les 13-17 ans, 38 % contre 28 %8. Ce sont des chiffres déclarés, non vérifiés par un test. La revue Cochrane les juge encourageants mais de certitude faible.
  • La varénicline, un médicament sur prescription déjà utilisé pour la cigarette. Dans un essai américain de 261 jeunes de 16 à 25 ans qui vapotaient sans fumer, avec un vrai contrôle biologique, 51 % n’avaient pas vapoté pendant les semaines 9 à 12, contre 14 % sous placebo. L’écart se tassait ensuite (28 % contre 7 % jusqu’à la semaine 24), mais tenait9. Un essai italien de 140 adultes va dans le même sens10. Deux essais, c’est peu : seul un médecin peut dire si ce traitement vous convient.
  • La cytisinicline, une molécule proche de la cytisine, a doublé l’arrêt en fin de traitement dans un essai de 160 adultes, mais l’écart n’était plus significatif un mois plus tard11. Prometteur, pas établi.
  • Les substituts nicotiniques et la réduction progressive : pas de bénéfice démontré pour l’instant, faute d’essais suffisants7. Cela ne veut pas dire que ça ne marche pas : on ne sait pas.

Ce qu’on ne sait pas non plus, c’est combien de temps dure le manque après la vape. Nous n’avons trouvé aucune étude qui le mesure. Chez les fumeurs, les symptômes culminent la première semaine et durent deux à quatre semaines ; c’est un ordre de grandeur plausible, pas une donnée sur la vape.

Ni angélisme ni panique

Vous avez peut-être entendu parler des atteintes pulmonaires graves de 2019 aux États-Unis, baptisées « EVALI ». L’enquête des autorités sanitaires américaines a trouvé de l’acétate de vitamine E chez 48 des 51 malades analysés, un additif des liquides au THC du marché parallèle, et 94 % d’entre eux avaient vapoté des produits au THC12. Ce n’était pas la vape de nicotine achetée en boutique.

À l’inverse, le chiffre de « 95 % moins nocive que la cigarette », très repris, était une estimation d’experts de 2015 ; le rapport britannique de 2022 invite lui-même à ne plus résumer les choses ainsi6. Ce qu’on peut dire honnêtement : vapoter expose à moins de substances toxiques que fumer, et à plus que ne rien consommer, et les effets à très long terme ne sont pas encore connus. Pour qui n’a jamais fumé, arrêter a donc tout son sens.

Se lancer avec un défi dans l’app

Il n’existe pas encore de modèle « Arrêter de vapoter » dans le catalogue. Vous pouvez construire le vôtre en une minute avec un défi personnalisé :

  • choisissez « Ne pas dépasser », un objectif de 0, par jour ;
  • nommez-le, par exemple, « Sans vape » : l’app parlera alors de « journées sans vape » ;
  • ajoutez, si vous le voulez, une échéance (trente jours, trois mois).

Chaque soir, la journée se note d’un appui, et l’anneau vert compte les jours tenus. Si vous avez vapoté, vous l’encodez : la série repart de zéro, et les jours d’avant restent comptés. Invitez quelqu’un qui arrête aussi, ou qui vous soutient : il voit vos journées et vous envoie un mot en un appui. Notre guide pour choisir son défi dit pourquoi un objectif de trente jours, à plusieurs, tient mieux qu’une résolution floue.

Ce défi personnalisé n’a pas les leçons du jour du défi « Arrêter de fumer ». Et si vous fumez aussi, c’est ce dernier qu’il vaut mieux lancer en premier.

La cigarette se joue de la même façon : voir la page du défi « Arrêter de fumer ».

Pour être aidé

  • Tabac info service : le 39 89 (tabacologues) et tabac-info-service.fr.
  • Votre médecin ou votre pharmacien : pour savoir si une aide vous convient, et avant tout changement si vous avez arrêté de fumer grâce à la vape.

Sources

  1. Leventhal, A. M. et al. (2021). Effect of Exposure to e-Cigarettes With Salt vs Free-Base Nicotine on the Appeal and Sensory Experience of Vaping. JAMA Network Open, 4(1), e2032757. Texte intégral en accès libre. Essai croisé en double aveugle, 119 adultes. ↩

  2. Parlement européen et Conseil (2014). Directive 2014/40/UE du 3 avril 2014 relative aux produits du tabac et aux produits connexes. Journal officiel de l’Union européenne. Article 20, paragraphe 3, point b. ↩

  3. Graham, A. L. et al. (2021). Effectiveness of a Vaping Cessation Text Message Program Among Young Adult e-Cigarette Users. JAMA Internal Medicine, 181(7), 923. Texte intégral en accès libre. Essai randomisé, 2 588 participants ; abstinence déclarée à sept mois, 24,1 % contre 18,6 %. ↩ ↩2

  4. République française (2025). Loi n° 2025-175 du 24 février 2025 visant à interdire les dispositifs électroniques de vapotage à usage unique. Journal officiel du 25 février 2025. ↩

  5. Lindson, N., Livingstone-Banks, J., Butler, A. R., McRobbie, H. et al. (2026). Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD010216. Texte intégral en accès libre. 80 essais, 29 861 participants. ↩

  6. Office for Health Improvement and Disparities (2022). Nicotine vaping in England: 2022 evidence update summary. GOV.UK, 29 septembre 2022. Rapport gouvernemental, risques à court et moyen terme. ↩ ↩2

  7. Butler, A. R., Lindson, N., Livingstone-Banks, J., Notley, C. et al. (2025). Interventions for quitting vaping. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD016058. Texte intégral en accès libre. 15 essais, 5 800 participants ; certitude faible à très faible. ↩ ↩2

  8. Graham, A. L. et al. (2024). A Vaping Cessation Text Message Program for Adolescent E-Cigarette Users. JAMA, 332(9), 713. Texte intégral en accès libre. Essai randomisé, 1 503 adolescents ; abstinence déclarée à sept mois, 37,8 % contre 28,0 %. ↩

  9. Evins, A. E. et al. (2025). Varenicline for Youth Nicotine Vaping Cessation. JAMA, 333(21), 1876. Texte intégral en accès libre. Essai randomisé, 261 participants, abstinence vérifiée biologiquement. ↩

  10. Caponnetto, P. et al. (2023). Varenicline and counseling for vaping cessation: a double-blind, randomized, parallel-group, placebo-controlled trial. BMC Medicine, 21, 220. Texte intégral en accès libre. 140 adultes ; 34,3 % contre 17,2 % sur les semaines 4 à 24. ↩

  11. Rigotti, N. A. et al. (2024). Cytisinicline for Vaping Cessation in Adults Using Nicotine E-Cigarettes. JAMA Internal Medicine, 184(8), 922. Texte intégral en accès libre. 160 adultes ; 31,8 % contre 15,1 % en fin de traitement, écart non significatif quatre semaines plus tard. ↩

  12. Blount, B. C. et al. (2020). Vitamin E Acetate in Bronchoalveolar-Lavage Fluid Associated with EVALI. New England Journal of Medicine, 382(8), 697-705. Texte intégral en accès libre. ↩

Sources rouvertes et vérifiées une à une. Comment on écrit ce blog

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