Au travail · Guide
Les tâches rébarbatives du travail, en routines qui tiennent
Personne n'a envie de prospecter, de relancer un client ou de faire ses notes de frais. Ce sont pourtant ces tâches-là, repoussées jusqu'à l'urgence, qui décident souvent de la suite. Bonne nouvelle : elles sont faites pour devenir des routines.
Table des matières · 5 parties
Il y a les tâches qui font le métier, et celles qui le font tourner. Les premières, on les fait avec plaisir. Les secondes (prospecter, relancer, facturer, tenir ses comptes, envoyer des candidatures), on les repousse jusqu’à ce qu’elles deviennent urgentes, et parfois trop tard : le carnet de commandes qui se vide, la facture oubliée trois mois, la recherche d’emploi qui s’essouffle après une semaine.
Ce sont précisément ces tâches-là qui gagnent le plus à devenir des routines. Voici pourquoi, et comment.
Pourquoi les corvées sont parfaites pour le petit pas quotidien
Une corvée a une qualité cachée : elle ne demande pas d’inspiration. Écrire un bon texte dépend de la forme du jour ; passer un appel de relance, non. C’est mécanique, un peu ennuyeux, et toujours à peu près pareil. Or c’est exactement ce qui rend une tâche facile à transformer en habitude : un geste stable, qu’on peut accrocher à un moment fixe de la journée.
Le problème n’est donc pas la difficulté, c’est le démarrage. On attend « d’avoir le temps », c’est-à-dire un gros bloc : deux heures pour prospecter, une demi-journée pour la compta. Ce bloc n’arrive jamais, et pendant ce temps rien ne se fait. Le petit pas quotidien renverse la logique : au lieu d’un exploit rare, un geste minuscule tous les jours, ou toutes les semaines, qu’on ne peut pas refuser.
Quatre familles de routines
Prospecter. Une entreprise contactée par jour, ce sont vingt par mois, deux cent quarante par an. Fait par salves, on prospecte en panique quand le travail manque, puis plus rien dès qu’on est occupé : le pire rythme possible. En routine, le carnet ne se vide plus jamais d’un coup. C’est le sujet de prospecter chaque jour plutôt que par à-coups.
Relancer et entretenir. Un appel à un client existant par jour coûte moins cher qu’un nouveau client, et rapporte souvent plus. Même chose pour le réseau : un message, un café, avant d’avoir besoin de quelqu’un. Ce qui se cultive un peu chaque semaine est là le jour où on en a besoin.
L’administratif. Factures, notes de frais, suivi des dépenses : la corvée par excellence, celle dont le retard coûte de l’argent (une facture oubliée) et du stress. Elle n’a pas besoin d’être quotidienne : un rendez-vous par semaine suffit, à condition qu’il soit tenu. C’est le rendez-vous administratif du vendredi.
Chercher un emploi. Envoyer des candidatures est un travail à plein temps déguisé, et le pire ennemi n’est pas le refus, c’est le découragement qui fait tout arrêter au bout de dix jours. En faire une routine chiffrée protège de l’abandon : voir chercher un emploi comme une routine.
La régularité fait le résultat
L’erreur classique est de miser sur l’intensité : le lundi motivé où l’on prospecte pendant trois heures. L’ennui, c’est que le mardi on est épuisé du sujet, et qu’on n’y revient pas avant trois semaines. Un contact par jour, sans exception, dépasse de loin une grosse session mensuelle. Et surtout, il tient.
Cette idée a une version séduisante mais trompeuse, les fameux « 1 % par jour » : on la remet à sa place dans 1 % par jour, la formule qui séduit et ce qu’elle cache. Retenez l’essentiel : le progrès ne se multiplie pas comme par magie, mais il s’accumule, et l’accumulation régulière suffit largement. Vingt appels ratés valent mieux que zéro appel, et deux cent quarante entreprises contactées dans l’année, c’est deux cent quarante, point.
Comment s’y prendre
- Une seule corvée à la fois. Celle qui vous coûte le plus, ou qui rapporte le plus. Pas les quatre en même temps.
- Un objectif minuscule. Un appel, une candidature, une ligne de facture. Assez petit pour être fait même un mauvais jour ; les grands jours, vous en ferez plus, c’est du bonus.
- Un cycle honnête. Par jour pour ce qui se fait à froid (prospection, candidatures, relances) ; par semaine pour l’administratif, qui n’a pas besoin d’être quotidien.
- Un moment fixe. Accroché à quelque chose qui existe déjà : le premier café, juste après le déjeuner, le vendredi avant de partir.
- Encoder à chaque fois. C’est ce qui rend la régularité visible, et ce qui la maintient.
Seul, ou avec des collègues
Une routine de travail tient encore mieux à plusieurs. Un défi de prospection entre indépendants, un rituel de relances partagé au bureau, une recherche d’emploi menée à deux : chacun voit où en sont les autres, et personne n’a envie d’être la ligne vide. C’est tout l’intérêt de relever la corvée en groupe plutôt que seul dans son coin.
Sources rouvertes et vérifiées une à une. Comment on écrit ce blog