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Un atelier créatif par semaine avec son enfant : pourquoi et quoi faire

Samedi, il pleut, « on fait quoi ? », et la tablette gagne. Un atelier créatif prévu chaque semaine change la question : on ne cherche plus quoi faire, on choisit parmi des idées déjà là. Ce que ça apporte, comment le tenir, et de quoi remplir une année.

Dans le guide Tenir à plusieurs : pourquoi ça marche, et avec qui se lancer
Table des matières · 7 parties

Samedi après-midi, il pleut. « On fait quoi ? » Personne n’a d’idée, tout le monde est un peu fatigué, et la tablette règle la question en dix secondes. Ce n’est pas un manque d’envie : c’est qu’à ce moment-là, il faudrait inventer. Un atelier créatif prévu chaque semaine enlève ce moment : l’idée est déjà dans la boîte, le matériel déjà sorti.

Ce que ça crée : du lien, et des souvenirs

On se souvient rarement du dessin animé du troisième samedi de mars. On se souvient du volcan en pâte à sel qui a débordé sur la table, ou de la cabane en carton qui a tenu deux semaines dans le salon. Ce sont ces moments qu’on se raconte ensuite, et qui finissent par faire l’histoire d’une famille.

Un atelier qui revient chaque semaine devient un petit rituel. Une revue de 32 publications relie les routines et rituels familiaux à des enfants mieux adaptés, à des parents plus sûrs d’eux et à des couples plus satisfaits. Ce sont des liens, pas la preuve que le rituel en est la cause, et les auteurs le disent eux-mêmes1. Mais l’intuition de tout parent va dans le même sens : ce qu’on fait ensemble, régulièrement, compte.

Et pour en savoir plus sur ce que le fait de faire quelque chose ensemble change entre les gens, notre article sur ce qu’un défi commun rapproche le raconte.

Pourquoi une fois par semaine

Tous les jours, c’est une corvée de plus. De temps en temps, c’est jamais. Une fois par semaine, c’est un rendez-vous : assez rare pour rester une fête, assez régulier pour qu’on l’attende. Et la semaine laisse de la marge : si samedi est pris, dimanche fait l’affaire.

Le plus sûr est de l’attacher à un moment qui existe déjà (« le dimanche après le déjeuner ») : c’est la méthode « si… alors », et c’est elle qui transforme une bonne intention en habitude.

Préparer avec l’enfant, et le laisser choisir

Deux gestes, et l’atelier se prépare presque seul :

  • Une boîte à idées. Un bocal, des papiers pliés, et chacun y met ses idées au fil de la semaine. Le jour venu, on tire au sort, ou l’enfant choisit entre deux ou trois papiers. Une méta-analyse de 41 études montre que laisser choisir augmente la motivation, davantage chez les enfants que chez les adultes, et surtout avec deux à quatre options2.
  • Dix minutes la veille. Vérifier qu’on a la farine ou les rouleaux de carton, et poser le matériel sur la table. Un atelier qui commence par « il manque la colle » finit souvent devant un écran.

Le plaisir de faire, pas le résultat

Pas de note, pas de concours, pas de récompense. Une expérience classique l’a montré en école maternelle : des enfants à qui l’on avait promis un petit diplôme pour dessiner ont ensuite moins dessiné d’eux-mêmes que ceux qui n’attendaient rien3. Dessiner pour le diplôme, c’est déjà dessiner pour quelqu’un d’autre.

Plutôt que « c’est beau », décrivez ce que vous voyez (« tu as mis beaucoup de bleu en haut ») ou posez une question (« c’est qui, là ? »). Et acceptez qu’un atelier rate : la pâte à sel qui craque fait aussi un souvenir.

D’une pierre deux coups : un temps d’écran en moins, le nôtre compris

L’atelier prend la place d’un moment d’écran, et c’est tout l’intérêt. Y compris le nôtre : une étude sur 170 familles relie les interruptions dues au téléphone des parents à plus de difficultés de comportement chez l’enfant. On ne sait pas encore dans quel sens ça joue4, mais un téléphone posé dans une autre pièce pendant une heure ne coûte pas grand-chose. Et si l’écran est un sujet à la maison, le défi Des soirées sans écran se joue en parallèle.

Des idées pour toute l’année

De quoi remplir le bocal, avec ce qu’on a déjà à la maison :

  • Dessiner, peindre : peinture avec les doigts, dessin à quatre mains (chacun son tour ajoute un élément), portrait de la famille, bande dessinée de la semaine.
  • Modeler : pâte à sel (farine, sel, eau), pâte à modeler maison, sculptures en papier mâché.
  • Cuisiner : biscuits à décorer, pizzas où chacun compose la sienne, brochettes de fruits.
  • Bricoler avec la récup : rouleaux de papier toilette, boîtes à œufs, cartons (une maison, un robot, un garage à petites voitures).
  • Dehors : herbier de feuilles, tableau de cailloux peints, land art au parc.
  • Musique et théâtre : instruments maison (bouteilles, riz, élastiques), spectacle de marionnettes en chaussettes.
  • Pour les autres : carte d’anniversaire pour un grand-parent, décorations pour une fête, cadeau fait main.

Où trouver d’autres idées. La bibliothèque ou la médiathèque de quartier a des rayons entiers de livres d’activités, et beaucoup proposent des ateliers pour enfants ; les musées aussi. Les saisons et les fêtes donnent le thème (citrouilles en octobre, cartes en décembre). Les réseaux d’images en regorgent : cherchez avec l’âge de l’enfant et « matériel de récup » pour éviter les idées qui demandent tout un magasin. Et gardez une note partagée avec l’autre parent ou les grands-parents : chaque idée croisée y va.

Dans l’app

Le défi Un atelier créatif par semaine se valide d’un appui (« Atelier fait »), une fois par semaine. Invitez l’autre parent, une tante, des grands-parents : chacun peut faire le sien avec l’enfant et l’encoder, et la série de semaines grandit. Pour les semaines où l’on veut aussi un peu d’école, il y a les séances de lecture, d’écriture et de calcul.

Sources

  1. Fiese, B. H. et al. (2002). A review of 50 years of research on naturally occurring family routines and rituals: Cause for celebration? Journal of Family Psychology, 16(4), 381-390. ↩

  2. Patall, E. A., Cooper, H., & Robinson, J. C. (2008). The effects of choice on intrinsic motivation and related outcomes: A meta-analysis of research findings. Psychological Bulletin, 134(2), 270-300. ↩

  3. Lepper, M. R., Greene, D., & Nisbett, R. E. (1973). Undermining children’s intrinsic interest with extrinsic reward: A test of the « overjustification » hypothesis. Journal of Personality and Social Psychology, 28(1), 129-137. ↩

  4. McDaniel, B. T., & Radesky, J. S. (2018). Technoference: Parent distraction with technology and associations with child behavior problems. Child Development, 89(1), 100-109. Accès libre : PMC5681450. ↩

Sources rouvertes et vérifiées une à une. Comment on écrit ce blog

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Le blog de Challenge Us : des études expliquées simplement, et pas un chiffre sans sa source. Chaque référence est rouverte et vérifiée avant publication.